Harald Schmitz-Schmelzer coule des couches successives de couleur sur des bases en bois. Il juxtapose ces couches de diverses manières : parfois les unes sur les autres, en parallèle avec la surface de bois de façon à
ce que la couche du dessus soit une surface picturale monochrome, parfois perpendiculairement au bois, de façon à ce que la vue de face ressemble à des rayures verticales ou horizontales. Il mélange aussi à
l’occasion ces deux méthodes de superposition. Pour se faire, Harald Schmitz- Schmelzer coule soit la première couche de couleur en parallèle avec la surface avant de faire pivoter le moule, soit les couches
perpendiculaires par rapport à la base avant de couler les couches en parallèle. D’une façon ou d’une autre, il obtient un tableau-objet de forme rectangulaire possédant cinq faces apparentes qui créent une
combinaison de surfaces monochromes ou à rayures de couleur. Pour sa base en bois, Schmitz-Schmelzer utilise du contreplaqué ou encore un bois grainé. Mais il ne condamne pas ce bois à l’anonymat, au simple rôle de
support. Les couches de bois demeurent apparentes et font partie intégrale de la composition du tableau, le bois et la peinture ayant toujours fait bon ménage. Évidemment, le procédé créatif physique ou le coulage des
couleurs (qui doivent d’ailleurs se solidifier avant de couler la couche suivante) ne permet pas de gestes expressifs.
L’art d’Harald Schmitz-Schmelzer est en fait un processus méthodique. Il doit faire plusieurs essais avec des arrangements en série et des dimensions picturales variées. Ce faisant, il arrive à une conjoncture très
particulière entre le matériel, la forme et le contenu. Ses œuvres incarnent le sujet même, la « substance synthétique » dans toute son ambiguïté. Depuis la Renaissance tout au plus, les artistes essaient
de capturer l’espace dans leurs tableaux, que ce soient par la perspective ou par la représentation abstraite de l’espace en couleur. Harald Schmitz-Schmelzer construit son espace pictural littéralement. Au lieu d’être
illusion, l’espace devient la conséquence concrète de l’action artistique. Si la couleur est substance et la peinture une application de la couleur, au lieu de créer une
représentation picturale de l’espace, Harald Schmitz-Schmelzer crée l’espace en soi. La portée esthétique de ses tableaux découle directement de ce retour à l’essentiel.
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Harald Schmitz-Schmelzer pours layers of colour mass onto wooden bases. He applies these layers in different ways. Sometimes they are stacked on top of each other and
parallel to the wooden surface, so that the top layer appears to be a monochromatic pictorial surface. Other times he applies them vertically onto the wood, so that seen from the front the layers resemble vertical or
horizontal stripes. Yet other times his layers are a combination of these two different methods. In this last case, Harald Schmitz- Schmelzer first pours the colour parallel to the surface and then rotates the mould, or
vice-versa – he pours vertically and then parallel to the wood. In each case he obtains a rectangular painting object with five visible sides which, when put together, create a combination of monochromatic and striped
colour surfaces. For his wooden bases, Schmitz-Schmelzer uses laminated wood or strong grained wood with. Yet, he doesn’t sentence these bases to an existence in the dark, as mere image carriers. The layers of the wood
remain just as visible as the colour layers. The wood is part of the painting composition, and wood and paint always engender a certain relationship to each another. The physical creative process, the pouring of colours –
which have to solidify first before pouring the next layer – doesn’t allow for any expressive gestures.
Harald Schmitz-Schmelzer’s art is a rather a systematic process. His art complies with serial trial arrangements which deal with various inter-related pictorial
dimensions. While doing this he achieves a very special conjuncture between material, shape and content. His works are the very subject matter made flesh, his “synthetic substance” in exactly this ambiguity. At the
latest since the renaissance, artists have tried to capture space in their paintings, whether in representations containing perspective or in abstract colour spaces. Harald Schmitz-Schmelzer produces the pictorial space by
literally entering it. His space is no longer illusion but practical consequence of his artistic action. By regarding colour as substance and painting as layered colour application, he doesn’t achieve a pictorial
representation of space but rather creates the real space. The aesthetic effect of his paintings derives exactly from this reduction to the essential.