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Jusqu'à un certain point, je rejette la notion de progression ou d'évolution
linéaire dans mon travail, il est donc possible qu'on ne retrouve pas
d'œuvres datées ou récentes. Le travail est cyclique, changeant
constamment, bougeant, muable, dans un circuit : toujours entre la
stabilité et l'instabilité, l'abstraction et la représentation,
l'organique et le géométrique, l'artisanal et le mécanique, la
photographie et la peinture. Je m'intéresse à la création d'une
tension entre des opposés et de cette tension, je négocie un espace
entre mes expériences vécues et mes réflexions personnelles. La
matrice des stratégies qui se dégage de mon approche varie, s'étend
et se contracte. Je dessine à partir de différentes sources : la mémoire,
l'expérience, le brouillon, les notes et la photographie. Cette dernière
est de plus en plus récurrente dans mon travail, mais non seulement en
tant qu'outil essentiel, mais également comme point de départ. Cette
stratégie délibérée me permet de prendre du recul du début de
chaque tableau et m'aide à puiser dans mes expériences ainsi que dans
mes idées sans toutefois sentir la nécessité de réduire la distance
qui les sépare. Les Abstractions ne semblent avoir aucune référence
à un phénomène naturel et n'ont aucune source particulière. Ce
travail qui est venu à l'avant-plan depuis les dix dernières années,
est connecté à ma mémoire, à mon journal, à mes idées et est détaché
des expériences ou à des lieux. Je les aborde différemment : peints
à l'horizontale, sur une surface plane, je les déplace ou me déplace
autour, le résultat est imprévisible. Les Cloud Portraits, sont associés
à des archives de photographies du ciel, prises au hasard. Il n'y a, néanmoins,
aucun lien direct entre les tableaux et les photographies : d'une
certaine manière, la caméra pose un second regard au mien, une référence
ou un cadre mais n'est pas
nécessairement une source. Les nuages se divulguent à travers ma mémoire
et se dévoilent par le coup de pinceau chanceux ou accidentel. Les
Ocean Paintings débutent par une photographie. La photographie originale est alors imprimée sur la toile et sert de dessin préparatoire.
Dès lors, elle est subvertie par les couches d'huile qui créent une
nouvelle image. Conçues comme des explorations de la structure, de la
vitesse et de la couleur, les Ocean Paintings m'aident à explorer les
frontières entre la représentation et l'abstraction. Si on applique à
mon travail une échelle visant à évaluer les degrés d'expressions,
les Ocean Paintings peuvent apparaître à l'opposé des Abstractions.
Mais en fait, ils occupent une position adjacente aux Abstractions et,
du coup, rejettent l'idée d'une échelle linéaire.
Je ne crois pas qu'il y ait des polarités à même mon travail,
ce sont toujours les mêmes images. L'usage que je fais des
photographies dans les Ocean Paintings est différent de ce que j'en
fais pour les paysages. En effet, celles-ci servent de point de référence
pour la réalisation des paysages de grand format au point d'exclure
toute autre source - ce travail, exécuté de, manière délibérée
aspire à la représentation photographique. Concernés essentiellement
par la vitesse et le temps, ils ont un sens spécifique du lieu. De
cette manière ils sont reliés aux plus petits paysages qui sont composés
d'après mémoire et esquisses. Les plus petits paysages sont plus
journalistiques : automatiques à un certain point, libres et, du moins
initialement, sans aucune intention spécifique. Je suis intéressé par
le schisme entre les modes d'expression, entre représentation et
abstraction, expérience et réflexion et j'expose le point où la
chance a ses limites avec
de la peinture et en peignant, incluant l'imperfection et le désordre.»
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In
2002 I began a new series of paintings, large bodies of water, rendered
without a photographic source, relying instead on a series of small oil studies. These pictures are connected to my landscape work, to my
interest in water, and perhaps even to the Oceans — at least thematically. They are entirely new for me. Initially, they may appear
to be the most traditional works to emerge from the studio for some
time, however, these paintings have been wrestled towards a reductive simplicity, informed perhaps by minimalism, these works have
invested more in stillness than speed. For these paintings, my relationship
to place is less important than my relationship to metaphor and memory.
Out of these pictures a series of abstractions have developed made from
the paint remaining from the production of the large lakes. These
“waste pictures”, the Grey Abstractions, share both the palette and,
if you will, the DNA of the larger works.
Much
of my work concerns itself with the transgressive - stretching and
blurring the boundaries of modes of expression and media. It is my
ambition to allow this process (the simultaneous production of works
from a range of media) to feed the work, to open the studio to the role
of accident.